Comment le jean a-t-il réussi à monter sur les podiums ?

25 Mai 2016
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Le jean est devenu la star des défilés des plus grands noms de la mode.
D'abord uniforme de travail, puis vêtement d'ouvrier, le jean a réussi à s'imposer sur les catwalks des plus grands couturiers de mode. Récit d'une success story fashion...

Lorsque Levi's dépose le brevet du premier blue-jean, il était loin d'imaginer que ce pantalon en toile denim riveté deviendrait un jour une pièce tendance qui s'arracherait à prix d'or. Et pour cause, ce pantalon était à l'époque réservé aux mineurs et aux chercheurs d'or. On est donc loin, très loin, de l'univers glamour et délicat de la mode.

En 1930, le jean fait sa première apparition dans la fashion sphère. Une date marquante dans l'histoire d'amour qu'il vit avec la mode. Cette année-là, Elsa Schiaparelli, l'une des créatrices les plus reconnues de l'univers de la Haute Couture, s'amuse à détourner une des pièces emblématiques des cow-boys : la chemise en jean. Elle imagine alors une blouse pour femme avec boutons en perle de culture dans un tissu imitant la toile denim qui marque les esprits. Cependant, pour la plupart des femmes, le jean reste essentiellement un vêtement utilitaire et de loisirs.

Le jean obtient son billet d'entrée pour la fashion sphère

Dans les années 1940, le denim fait ses premiers pas dans le monde du Prêt-à-Porter, notamment grâce à Claire McCardell qui, en 1942, lance une robe midi en denim baptisée "Pop Over". La créatrice américaine a été l'une des premières femmes à proposer des pièces en denim pour le quotidien. S'ensuit une longue traversée du désert pour le jean qui devient un symbole de rébellion dans les fifties. Pire, essentiellement porté par les membres des gangs de bikers et par les jeunes voyous, le jean devient la pièce des bad boys.

Il faut attendre la vague hippie pour que la toile bleue inonde à nouveau les rues. En 1970, Saint Laurent (qui a déclaré : "Je n'ai qu'un seul regret, ne pas avoir inventé le jean") lance une ligne de vêtements en denim noir surpiqué de coutures blanches pour le Printemps-Eté. Cette collection 100 % jean, à la fois chic et moderne, rencontre un grand succès. Les créateurs portent un nouveau regard sur la toile.

Toile bleue en folie

Dans les années 1980, de nouveaux procédés de délavages, à l'image du stoned wash inventé par Marithé et François Girbaud, mais aussi de l'acid washed, permettent de s'amuser avec la toile denim. Adieu le raw denim, plus connu sous le nom de jean brut, place à la fantaisie ! Nombres de jeanneurs et de grandes marques commettent toutes sortes d'expérimentations fashion sur la toile bleue. En 1981, Ralph Lauren innove en intégrant dans sa collection "Prairie" des chemises et des longues jupes façon blue-jean fabriqué à partir de toile chambray, pour plus de légèreté.

Les couturiers font main basse sur l'or bleu

C'est à la fin des années 1990, début des années 2000, que le jean devient un vrai produit de luxe. En 1999, Tom Ford pour Gucci imagine un jean brodé et sertis de plumes dans le bas des jambes vendu 3 000 dollars. Au regard de son prix à quatre chiffres, ce pantalon en denim fait la une de nombreux journaux et magazines. Très vite, d'autres couturiers de renom comme Roberto Cavalli, Jean Paul Gaultier et Gianfranco Ferré lui emboîtent le pas. Les prix de ce vêtement, à la base bon marché, s'envolent.

Aujourd'hui, le denim fait partie de toutes les collections, sous diverses formes et styles. Des ensembles chics veste + jupe à l'imprimé fleuri Chanel au kick flare ultra-tendance cette saison de Sonia Rykiel, en passant par le straight lacéré d'Alexander McQueen, la toile denim a définitivement sa place sur les podiums des plus grands noms de la mode.