Faustine Steinmetz illumine la toile denim avec ses créations

14 Oct 2016
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Présentation Faustine Steinmetz, collection Printemps-Eté 2017.
A l'occasion de la Fashion Week londonienne, la styliste française Faustine Steinmetz a montré son savoir-faire en matière de travail de la toile denim. Originalité et singularité, voilà ce qui caractérise ses pièces.

Quand la papesse de la mode Suzy Menkes qualifient les créations de Faustine Steinmetz sur son compte Instagram, ça donne "la merveille de #Londres". Un compliment qui a dû ravir la créatrice française, la critique de mode britannique étant réputée pour son extrême exigence, mais aussi pour dire tout haut ce qu'elle pense. Elle est également reconnue pour dénicher les jeunes talents et leur donner un petit coup de pouce.

Pour sa collection Printemps-Eté 2017, Faustine Steinmetz a utilisé l'impression digitale et le tissage Ikat. Kezako ?

Le premier est une technique d'impression qui permet, grâce à une imprimante numérique à jets d'encre, d'injecter de la couleur directement dans le textile pour que les deux fusionnent. Les motifs imprimés sont donc beaucoup plus résistants au lavage que lorsqu'ils sont juste transférés sur le tissu. C'est parfait si on veut donner une allure vintage à la toile, car les teintes sont délavées et les couleurs patinées.

Le second est une technique de tissage et de teinture qui consiste à teindre chaque fil en différentes couleurs, de façon à ce qu'une fois tissés entre eux, un motif voit le jour.

Grâce à ces deux techniques, la créatrice crée des pantalons en denim tie and dye et nervuré, ainsi que des jupes de sirène où le denim est travaillé en écailles. Elle a également imaginé des ensembles veste + pantalon en denim effiloché et découpé en bandelettes qui, une fois cousues entre elles, donnent un effet mille-feuilles.

Quand le denim devient un art

La créatrice travaille toutes ses pièces de manière artisanale, avec une approche écologique. C'est sans doute ce qui a plu au jury du prix LVMH 2015, dont elle fut l'une des finalistes. Un travail remarqué et applaudi par ses pairs, ces derniers n'hésitant pas à souligner sa passion dévorante pour le denim et son approche novatrice de la toile bleue.

Sa matière première : de vieux blue-jeans, de préférence tachés, déchirés et mal taillés, qu'elle déniche dans les friperies.

Son outil préféré : la machine à tisser.

Son but : donner une seconde vie à des basiques, pour en faire de véritables statement pieces, mais aussi pour changer notre façon de consommer la mode.

Sa méthode : lacérer, élimer, effilocher, ou encore imprimer la toile bleue pour des créations uniques.

La styliste a commencé ses études à l'Atelier Chardon Savard à Paris, avant de traverser la Manche pour entrer à la Central Saint Martins School (une prestigieuse école d'art). Une fois son diplôme en poche, elle lance son label éponyme en 2013 et fait du denim sa signature. Très vite, elle se fait remarquer par ses créations aussi intrigantes que déroutantes. Son engagement pour l'écologie et le respect des matières détonne dans un milieu où tout est éphémère.

Une chose est sûre, on a pas fini d'entendre parler de Faustine Steinmetz !