Pourquoi le jean a-t-il été interdit dans les années 1950 aux US ?

6 Jan 2016
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Symbole de rébellion dans les années 1950, le jean a été interdit dans certaines écoles américaines.
Les blousons noirs, ça vous dit quelque-chose ? Dans les années 1950, les jeunes au look de rebelle se faisaient refouler à l'entrée de certaines écoles sur le sol américain. Mais pourquoi ?

Si les premiers jeans ont été adoptés par les ouvriers, les chercheurs d'or et les cow-boys, la toile bleue n'a pas tardé à séduire ensuite la Terre entière. Dans les années 1950, les jeunes Américains s'emparent de ce vêtement en signe de rébellion : on les appelle les blousons noirs. Ils ne sont pas du tout les bienvenus dans les écoles américaines. Un bon nombre de ces écoles, dont l'Université de Stanford en Californie, interdisent tout simplement le port du blue-jeans en public.

Qui portait le jean dans les années 1950 ?

Pour comprendre le tollé général, il faut se remettre dans le contexte des années 1950 aux USA. Le jean est alors une fringue de biker, essentiellement destinée aux garçons (bien que les premiers jeans pour femme aient vu le jour dans les années 1930).

Le modèle phare de l'époque, c'est le regular largement retroussé en bas, de façon à obtenir un revers clean et bien haut. Il devient même le signe de ralliement des adeptes du rockabilly, influencés par Elvis Presley. Plutôt marginalisés au départ, les membres de cette sous-culture finissent par se faire taper sur les doigts, face à l'engouement massif dont ils font l'objet et qui effraie les parents américains. Mais cette mode du denim n'est pas uniquement le fait des wannabe rockeurs. Les soldats ont pris l'habitude de troquer leurs treillis pour de bons vieux jeans, portés avec des T-shirts basiques.

L'influence du 7e art

C'est le cinéma hollywoodien qui entérine à tout jamais la symbolique du rebelle en jean. Les bad-boys des westerns peuvent se rhabiller, les vrais instigateurs de cette tendance denim ont une aura rock. Le number one du genre n'est autre que Marlon Brando, qui annonce la couleur dès "L'Equipée sauvage" en 1953. Vêtus d'un jean et d'un blouson en cuir noir avec une tête de mort, le beau gosse et ses acolytes motards imposent leur style. Avec leur charisme, ils font des émules chez les jeunes Américains. Puis, James Dean en remet une couche avec "La Fureur de vivre" deux ans plus tard.

Associé à un perfecto en cuir, le blue-jean devient l'uniforme des "blousons noirs", ces gamins un peu voyous qui semblent infréquentables aux yeux de l'Amérique puritaine. Mais pourquoi au juste ? Parce que ces adolescents écoutent du rock'n'roll, un style musical dont les paroles des chansons sont perçues comme tendancieuses. Ils se déplacent en mob' et rejettent les valeurs de la génération précédente. Des boums aux disques rock, petit à petit, tout ce qui permet à ces jeunes adultes de s'amuser est interdit. Sauf qu'on n'arrête pas un train en marche à coup d'interdictions arbitraires. Au début de la décennie suivante, il se dessine des revendications libertaires...

Heureusement, le jean banni des écoles, c'est de l'histoire ancienne. Aujourd'hui on peut le porter presque comme bon nous semble, à partir du moment où l'on ne commet pas de fashion faux-pas. Et puis, le look jean + T-shirt blanc continue de faire fantasmer, la preuve avec la belle Lana Del Rey dans le clip de son titre "Blue Jeans".