Zoom sur la griffe urbaine et provoc' Hood By Air

11 Jan 2017
hood-by-air-c-est-le-phenomene-du-momen
Hood By Air, c'est le phénomène du moment !
Depuis ses débuts, Shayne Oliver mise sur l'irrévérence et un style street-goth' pour conquérir la fashion sphère. Décryptage d'un label phénomène...

Hood By Air, de son acronyme HBA, s'inscrit parmi les ovnis mode. Fortement influencé par l'underground, le créateur de la griffe, ancien étudiant du Fashion Institute of Technology et de la New York University, débute en 2006 avec des T-shirts et hoodies estampillés "HOOD". Un nom issu de l'argot qui signifie "se faire beau pour sortir". Car oui, Shayne Oliver s'inspire du monde de la nuit et fait fusionner la culture queer et streetwear dans ses collections.

Aujourd'hui, le créateur est une des étoiles montantes de la mode. Sa formule magique ? Aller à son rythme et ne pas brûler les étapes. D'ailleurs, de 2009 à 2012, il s'accorde une pause, avant même que sa griffe ne soit connue du grand public. Pendant ce temps-là, le designer joue les DJ lors de soirées co-animés avec Venus X et fait trembler la grosse pomme avec ses sons rock, heavy metal, rap et électro.

L'ascension fulgurante

En 2014, la marque revient en force avec son logo HBA reconnaissable entre tous. La même année, Shayne Oliver remporte le prix spécial de la "jeune création" par LVMH et est nominé en tant que "Créateur masculin de l'année" pour le CFDA (conseil des créateurs de mode américains). Et quand le label underground débarque à Paris pour présenter ses créations, il suscite intérêt et curiosité. C'est le début de l'Air l'ère Hood By Air.

plus-qu-un-style-une-degaine-hba
Plus qu'un style, une dégaine HBA !

Le style HBA

Tout comme le label V FILES qui bouscule les codes, Hood By Air se joue des règles et des diktats. Il finit par s'imposer comme une référence en la matière. Il n'y a pas vraiment d'étiquette pour décrire l'ADN même de la marque. C'est un mélange de street limite ghetto, de gothique, de hip-hop, de punk, de no gender, mais surtout, c'est un style provocateur ! Lors de ses défilés, les mannequins arborent des pièces aux coupes déstructurées, oversize et overlength, le tout avec une démarche nonchalante. Bref, c'est ultra-cool.

Chez HBA, les hommes portent sans problème des combinaisons lacérées, des robes, des jupes plissées fendues et des cuissardes en cuir vernis. Quand ce ne sont pas des shorts en tissu vaporeux, des débardeurs moulants et des débardeurs dos nu façon chemises. Une image féminisée de l'homme qui contraste avec les autres mannequins déambulant sur les catwalks le corps tatoué, muscles saillants et regard ténébreux. Preuve de leur virilité.
Quant à la gente féminine, elle est habillée de T-shirts floqués, de robes en vinyle, de manteaux complètement déstructurés, de sweats à manches trop longues et de baggys découpés çà et là.

L'identité de la marque se base sur une mode unisexe. Le but : effacer les différences de race, de classe ou encore de genre. L'idée ? Construire une toute nouvelle image, unique. Cette philosophie semble plaire au plus grand nombre, notamment aux artistes Kanye West et A$AP Rocky, mais aussi aux stylistes Akeem Smith et Arca, avec qui la marque enchaîne les collaborations.

Shayne Oliver, qui se caractérise lui-même comme un outsider, n'a pas fini d'imposer son style. Son crédo : s'amuser, déconstruire, étonner, et ne pas se conformer aux diktats du milieu de la mode. Affaire à suivre...